Longtemps nos sociétés ont sous-estimé les conséquences destructrices de la corruption. Les récents travaux de l’Institut de la Banque mondiale mettent aujourd’hui clairement en évidence le lien qui existe entre le niveau de corruption et celui de la pauvreté pour tout un ensemble de raisons : détournement de fonds publics, constitution d’une économie de rente, distorsion de la concurrence, frein aux investissements… Mais la corruption, plus encore qu’un cancer économique, est un cancer politique. Quand elle touche les plus hautes sphères de l’Etat, la corruption décrédibilise l’autorité publique de ceux qui sont en charge de la destinée d’un pays et, brisant les relations de confiance entre les citoyens et leurs institutions, sape les fondements même de la société. La corruption ouvre alors la porte à l’instabilité politique, aux tensions sociales, aux rivalités ethniques jusqu’aux guerres civiles. En Afrique, la corruption politique est d’autant plus destructrice qu’elle frappe des pays aux structures administratives peu aguerries, aux ressources limitées et aux équilibres économiques fragiles.
Devant ce constat, la lutte contre la corruption est dès lors devenue un chantier important des institutions chargées du développement. Elle est au cœur des priorités des institutions de Bretton Woods. La Banque mondiale s’est fixée une double mission : d’une part, de traquer les pratiques corrompues dans l’exécution de ses contrats et, d’autre part, intensifier son appui technique aux actions entreprises par les gouvernements pour lutter contre la corruption. Le Fonds monétaire international, de son côté, s’attaque de façon résolue à l’autre versant de la corruption : le blanchiment. Car une fois que les pots-de-vin ont été versés au moyen de mécanismes financiers ayant permis de sortir de l’argent des comptes publics des entreprises et d’en constituer le caractère occulte, les destinataires ont besoin de réintroduire ces montants dans les circuits financiers officiels. En mettant en place des contrôles sur les flux financiers et en améliorant la traçabilité de ceux-ci, les politiques et mesures anti-blanchiment rendent plus difficile l’utilisation des pots-de-vin. Plus encore, ces dispositifs de surveillance font désormais courir à la personne corrompue un deuxième risque : au délit de corruption parfois difficile à traquer, vient s’ajouter le délit de blanchiment plus difficile à dissimuler en raison de la vigilance accrue des institutions bancaires.
Au-delà du moyen concret de lutte contre le recyclage des produits d’activités illégales ou de leur financement (corruption, trafics illicites, terrorisme…) la lutte contre le blanchiment fait partie des missions fondamentales du Fonds qui a pour objet de contribuer à la stabilité du système monétaire international, stabilité qui exige que les acteurs économiques aient une pleine confiance dans la rigueur et la transparence des institutions financières. En luttant contre la corruption et contre le blanchiment qui lui est associé, le Fonds contribue directement à l’amélioration des conditions macro-économiques favorisant l’investissement, la croissance et le développement. Aussi, devant l’importance de cet enjeu, le Conseil d’administration du Fonds at-il décidé en mars 2004 que les évaluations des dispositifs anti-blanchiment et les activités d’assistance technique associées feraient désormais partie intégrante des travaux du FMI qui n’a, depuis cette date, cessé d’intensifier son action dans ce domaine.
Finis les tirs sur la troupe. Les téléspectateurs du 1er août 2009 ont bien remarqué combien Yayi était très affecté par les déboires de ses gars avec la corruption. Les dégâts s’apprécient à travers l’élagage de Soulé Mana qu’il « aime bien » et Noudégbessi le coreligionnaire en rade. Le président de la République est certes prêt à verser son sang et sa sueur dans la lutte contre la corruption. Mais pas au point d’accepter de se brouiller avec les siens. Désormais, ils peuvent être tranquilles, plus personne de la troupe ne doit trembler. Le Garde des sceaux ne fait plus mystère des limites de sa lettre de cadrage en matière de traque des corrompus. Il le dit haut et fort afin de rassurer les courtisans que le sacrifice n’ira pas au-delà de l’ancien argentier. Le justicier en titre du gouvernement excipe d’ailleurs des « confidences » de l’Inspection générale de l’Etat qui aurait estimé qu’il n’y a pas de quoi fouetté un chat. Des irrégularités autour de l’organisation du sommet de la Cen-Sad à Cotonou ? Oui ! Mais uniquement en ce qui concerne la réfection du Centre internationale de conférences et le Palais des congrès de Cotonou. 6 milliards dont 2 en facturation et en excès divers.
D’où est alors venue l’inspiration qui a guidé le rédacteur du compte rendu du conseil des ministres du 03 juillet 2009 ? Une question a ne pas posé au porte-parole du gouvernement, Garde des sceaux. Il n’était peut-être pas présent. Son patron lui-même, chef de l’équipe, n’a-il pas avoué ne pas être très assidu à ces messes hebdomadaires de ministres ? Par contre, le vocabulaire de la prose ne fait pas la dentelle dans son inventaire de la réalité sur le scandale de la Cen-Sad : « irrégularités », « juges et parties », « privilèges », « violations des règles », « retard important ». Un charabia pourtant inspiré du rapport de l’Ige parait-il ; et ceci à propos de la viabilisation des sites, de la construction des 14 villas, de l’extension du parking de l’Aéroport et du bitumage de la liaison Aéroport-Place du Souvenir-Carrefour Air Afrique.. Des lubies qui n’existent que dans la tête d’un journaliste sensé avoir une conception « niaise » des choses, selon le ministre Tokpanou. A moins qu’on nous dise que c’est Soulé Mana tout seul qui s’occupe à la fois de bitumage de route, de construction de villas, de viabilisation de site ou d’extension du parking de l’aéroport. Le super fusible qui peut sauter à tout moment sans que la barque du Changement ne soit ébranlée. Après tout, cet argentier ne faisait pas partie des réseaux financiers, politiques ou religieux. Son départ ne devrait pas provoquer trop de regrets.
C’est désormais clair que le docteur-président n’enverrait plus aucun de ses lieutenants en pâture à des défenseurs de la lutte contre la corruption. Tant pis si ces derniers ne se contentent pas des fretins jetés par-dessus bord en pleine tourmente. On voit d’ailleurs que les affaires de bitumage, d’achats de gants, d’imperméable et de matériels de sécurité, d’exonération et d’autres hérésies liées à l’organisation de ce maudit sommet ne figurent plus dans les causeries des émergents en route pour 2011. Il est plus question de la foi des aïeules du docteur-président, de débauchage en vue d’un remaniement à mille inconnues et de recours obsessionnels à une providentielle bénédiction des anciens présidents Kérékou et Zinsou. On a d’ailleurs remarqué comment ils se sont faits tout petits dès que l’emblématique Marie Elise Gbèdo a exhibé le projet de loi anti-corruption en souffrance à l’Assemblée nationale depuis 2006. Une sorte de flagrant délit de manipulation autour d’un fléau qui n’épargne aucune strate du système à commencer par les encadreurs spirituels du chef de l’Etat. La preuve qu’il y avait mieux à faire qu’une marche dite verte sans conséquence à travers les rues de Cotonou lorsqu’on dispose d’une majorité parlementaire écrasante.
Ni la marche verte ni le pardon. Aucun de ces remèdes n’a pu empêcher la Cen-Sad, l’avion présidentiel, les intrants agricoles de qualité douteuse, les faux frais sur les véhicules à vitres teintées, les ordres de paiement…L’autre parlerait de la corruption à la louche contrairement à celle de la cuillère à café. La marche verte comme le pardon présidentiel conforte la thèse selon laquelle le docteur-président aurait puisé dans ses convictions les plus intimes sans pouvoir enrayer la propension des siens à voler l’argent du peuple. Le pathétique show médiatique présidentiel du 1er août 2009 a failli inculquer définitivement dans la conscience collective qu’il n’y a rien à faire et qu’il faut se résigner à voir se commettre les crimes économiques les plus odieux en toute impunité. Jusqu’à ce qu’une clameur inespérée vienne démontrer qu’il existe bel et bien une autre formule que l’émotion et le folklore. Elise Gbèdo, Anne Adjaï Cica, Martin Assogba et consorts se souviennent qu’un projet de loi anti-corruption est en souffrance sous le siège du N°2 des émergents au palais des Gouverneurs.
Désormais, le débat change de tournure. Les partisans de cette loi croient dur comme fer qu’à défaut d’empêcher les gens de voler l’argent de l’Etat, on peut mieux réglementer le régime des sanctions. Une éventualité qui ne déclenche pas trop l’enthousiasme chez les idéologues du Changement. Ulcérés qu’ils sont de devoir admettre que leur patron s’est donné tant de mal à battre le macadam dans Cotonou et à implorer publiquement l’absolution de ses compatriotes sur le plateau de la télévision nationale pour se voir démentir par un simple projet de loi dont tout le monde vante par avance les vertus. Cela voudrait dire que le visionnaire n’est pas si exceptionnel qu’on le dit et que d’autres Béninois avant lui ont réfléchi à des solutions intelligentes.
Avant même que le texte ne devienne exécutoire, des suppôts présumés s’activent à atténuer l’espoir à travers un discours du genre : « la loi n’est pas une panacée ». Et d’embrayer sur la ritournelle du « réarmement moral ». Qu’est-ce que la morale peut bien faire à des affameurs du peuple ? A peine s’ils ont conscience d’avoir enfermé des hôpitaux, des maternités, des centres de loisirs pour jeunes ou des orphelinats dans leurs comptes en banque ou à travers leur prodigalité extravagante vis-à-vis des maîtresses et courtisans. Il n’y a que dans la tradition anglo-saxonne que les us et coutumes ont valeur de règles même en l’absence d’écrits. Le Bénin qui a hérité du colon français le juridisme intégral ne peut fonctionner que sur la base d’une législation plus ou moins explicite. Peut-être un complément à la loi-anti corruption par d’autres textes relatifs au financement des partis politiques. La démocratie ne saurait continuer à se faire entretenir par de l’argent d’origine inconnue. On constate que les scandales sous Yayi évoluent à la fréquence des marches de soutien et des meetings de remerciement. Les harangueurs de foules n’accepteraient jamais bousiller leurs patrimoines propres acquis à la sueur de leurs fronts dans la glorification du docteur-président.
Arsenal appuyé par un rajout à propos de la politisation de l’administration publique. La discrimination à l’égard des militaires en matière de participation à la vie des partis politiques doit s’étendre aux autres agents permanents de l’Etat dans une certaine mesure si on admet que la vie partisane est nuisible à l’administration publique. La fonction publique est un sacerdoce au profit de la nation et non au profit d’une chapelle politique. Réarmement moral ou prise de conscience spontanée relèvent de stériles bondieuseries. Seules les lois ont la vertu de mettre tout le monde d’accord au Bénin. Grâce au code de la famille plus aucun officier d’état civil ne peut célébrer un mariage polygamique sur le territoire béninois.
La morale, la marche verte, le pardon, c’est bon. Mais, la loi, c’est mieux !!!
CSTB, CSA-BENIN, CGTB, COSI, UNSTB et FESYNTRA-FINANCES
DECLARATION LIMINAIRE
Fait à COTONOU le vendredi 21 AOÛT 2009
Les dirigeants et militants des confédérations, centrales et autres organisations syndicales du Bénin, inquiets et exaspérés par la déchirure sociale qu’engendre depuis quelques temps la situation politique et économique nationale, avaient convenu d’organiser et d’observer dans la ville de Cotonouune marche pacifique le 21 Juillet 2009.
Il était temps de protester contre le développement des aspects les plus importants et les plus nuisibles de cette situation que sont :
- les attaques contre les différents acquis sociaux des travailleurs dont les primes de motivation, notamment dans les secteurs de l’éducation et de la santé, ainsi que la mauvaise volonté manifeste et évidente du Gouvernement de ne pas résoudre les problèmes légitimement soulevés par les travailleurs, dont la prime de risque de secteur de la santé et ses prolongements collatéraux dans tous les secteurs ;
- le mépris, par le Gouvernement, des préoccupations exprimées par les travailleurs au sujet de leurs conditions de vie et de travail ;
- la gestion hypocrite du dialogue social par le Gouvernement;
- la volonté affichée du pouvoir, dit du changement, mais en réalité de plus en plus révélé au grand jour comme fasciste, de bâillonner les libertés démocratiques et d’interdire les manifestations des organisations qui ne le soutiennent pas dans ses incohérences et improvisations;
- l’augmentation anarchique et à des proportions insoutenables des prix d’électricité, d’eau et des produits pétroliers ;
- l’engagement déjà pris devant les bailleurs de fonds et autres puissances capitalistes dont le Groupe BOLORE, de privatiser et de brader les Sociétés stratégiques et de service d’utilité publique ;
- la promotion active par le régime des actes de mauvaise gestion des biens publics, de corruption et de concussion au sommet de l’Etat dont l’affaire CEN SAD n’en est qu’un petit bout de la longue chaine.
En réponse à la lâche interdiction par le Gouvernement de la marche du 21 Juillet 2009, les syndicats ont observé une grève de quarante huit heures largement suivie les 28 et 29 Juillet 2009 et une marche gigantesque à travers la ville de Cotonou le 30 Juillet 2009.
Cette marche des confédérations, des centrales et autres organisations syndicales a été appuyée par les associations de la Société Civile agissant pour la bonne gouvernance, la promotion des droits de l’homme et la paix. Bien que taxée d’illégale par certains suppôts du pouvoir, le Gouvernement fut contraint de l’accueillir par six de ses membres les plus activistes contre les mouvements de protestation citoyenne et syndicale.
Le succès de toutes ces manifestations est l’œuvre des forces véritablement démocratiques de notre pays qui viennent d’infliger un échec cuisant au pouvoir agonisant en place, donnant ainsi une leçon aux différents clients politiques et opportunistes qui le soutiennent, l’entretiennent pour l’empêcher de mourir .
Cette détermination des dirigeants et militants syndicaux a amené le régime de YAYI BONI, qui traverse actuellement une crise multidimensionnelle devenue chaque jour plus aigüe, à déployer sa stratégie machiavélique pour faire capituler le dernier rempart démocratique que constitue le mouvement syndical et qui fait obstacle à sa politique de confiscation des libertés démocratiques, de muselage des groupes organisés et de prédation des ressources nationales.
C’est dans ce cadre que s’inscrivent tour à tour :
- le recours, dans une propagande à l’hitlérienne, aux basses besognes de certains organes de presse payés pour vilipender les dirigeants syndicaux et les accuser d’être de commerce à gros sous, avec un potentiel candidat aux élections de 2011;
- la sollicitation, l’utilisation et la diffusion dans les médias publics et privés de fumeux et fumistes points de vue d’anciens militants du mouvement démocratique et syndical retournés contre les idéaux qu’ils prétendent défendre et prêts à livrer, pour quelle rémunération on ne sait, leurs anciens camarades à un pouvoir en quête de prétexte pour des répressions ;
- le rassemblement populiste, par le pouvoir et à grands frais, des enseignants et autres travailleurs, dans le double but de leur caporalisation dans des organisations fantoches impudiquement surnommées patriotes et de celui de leur arracher leur soutien à sa prétendue politique d’émergence;
- le harcèlement des leaders des syndicats des travailleurs par l’intrusion de l’IGE, sous le fallacieux prétexte de la vérification des aides faites aux confédérations et centrales syndicales, dans les affaires et finances syndicales.
Ainsi, le 1er Août 2009, dans sa sortie médiatique qui contraste avec l’ambiance festive du jour, le Chef de l’Etat n’a pas manqué, après s’être affiché à la fois déçu et opposé aux manifestations des confédérations et centrales syndicales que son Gouvernement avait vainement tenté d’étouffer par des menaces à l’encontre des organisateurs et observateurs de la grève de quarante huit heures et la glorieuse marche de protestation du 30 Juillet 2009, de s’interroger sur le cahier de charges des syndicats et de menacer de s’impliquer dans la gouvernance en leur sein.
Trois jours seulement après cette sortie médiatique calamiteuse, le Chef de l’Etat a mis en application sa menace de contrôle de la gouvernance des syndicats qui osent le défier sur les enjeux socio économiques nationaux. En effet, par Décision N°035 /PR/IGE du 4 Août 2009, il est créé par l’Inspecteur Général de l’Etat qui lui en devait compte rendu, « une commission chargée de vérifier l’utilisation de la contribution de l’Etat aux dépenses de fonctionnement des syndicats pour la période allant de 2004 à 2009. »
Le Gouvernement se préoccupe et panique de savoir si les syndicats qui dans leur quasi majorité veulent fléchir ses choix de gestion peu convaincants, consacrent davantage plus de temps et d’argent à des campagnes de politique publique que de problèmes d’emploi, ignorant que ceux-ci en sont une partie intégrante.
Bref, YAYI Boni Thomas, après avoir bénéficié, pour son élection en 2006 à la tête de l’Etat démocratique du Bénin, de la pertinence des prises de position citoyenne des syndicats béninois, vient d’inscrire notre République, sur la liste bien trop longue en Afrique des pays qui continuent à considérer avec suspicion et hostilité leur mouvement syndical.
Persistant à croire qu’il est le seul à savoir ce qui est bon pour les citoyens béninois, il tente, aujourd’hui, de régenter les syndicats en utilisant abusivement la loi. Lorsqu’il se rendra compte de son illusion, il voudra se montrer brutal par l’usage des armes et au recours de milices.
Il n’y a pas de doute, la création de cette commission n’est ni plus ni moins qu’un harcèlement des leaders des syndicats de travailleurs et partant une atteinte à la liberté syndicale consacrée par les Conventions 87 et 98 du BIT pourtant ratifiées par la République du Bénin et faisant partie intégrante de la législation nationale car publiées au Journal officiel.
Du fait du contexte sociopolitique qui l’a vue naître, cette commission n’offre aucune garantie d’objectivité, toute chose contraire aux règles et normes de contrôle dans une République. De même en acceptant de jouer ce rôle dans un tel contexte, le grand expert comptable auditeur qu’est Jacques Alidou KOUSSE n’a pas fait preuve de professionnalisme, encore moins de responsabilité. Il verse ridiculement et de façon partisane dans un opportunisme intellectuel.
Après son acharnement à se faire soumettre, par un harcèlement fiscal, les opérateurs économiques et les membres du patronnât béninois qui refusent à juste titre de s’amarrer à ses politiques, voici YAYI Boni dans la dynamique de combattre dans les rues, ateliers et bureaux les ouvriers et tous les salariés.
Cela parait une aventure inutile de plus pour lui. Et s’il pouvait faire autre chose et autrement ! Le Bénin et surtout lui-même gagnerait.
En tout cas, toutes les confédérations et centrales syndicales démocratiques, de façon unanime, dénoncent et condamnent cette incursion de l’IGE dans les locaux et dossiers des confédérations et centrales syndicales comme étant un moyen du gouvernement de faire taire le mouvement syndical et d’arrêter les luttes contre les dérives dictatoriales du régime et contre le pillage grotesque des maigres ressources nationales.
En réalité et dans le fond un tel contrôle ne se justifie pas dans le contexte actuel au vu de la nature de l’aide accordée aux syndicats dotés de la liberté de définir eux-mêmes leurs programmes et actions, pas plus qu’une reddition des comptes dont les termes n’ont pas été auparavant définis ne puisse leur être exigée.
Du reste, l’IGE ne constitue nullement un épouvantail, encore moins une arme pour intimider les leaders syndicaux et déstabiliser les militants des organisations syndicales. Seul le respect des travailleurs et militants contribuables, pour lesquels le cahier de charge du mouvement syndical constitue un véritable contrat social entre lui et le monde du travail, peut motiver chacune de ses composantes à réserver de façon autonome et selon son orientation, l’accueil qu’elle juge appropriée à cette intrusion de l’IGE, pour autant que celle-ci se limitera au respect des libertés démocratiques et au droit syndical.
Pour l’heure, il faut faire échec aux velléités du pouvoir à intimider les travailleurs et le peuple et déstabiliser les organisations syndicales, les associations de la société civile et tous les groupes organisés contre les atteintes aux libertés démocratiques , le pillage des ressources nationales et la gabegie qu’encourage le régime de YAYI Boni.
C’est pourquoi les Confédérations et organisations syndicales signataires de la présente déclaration :
- félicitent les travailleurs pour leur mobilisation réussie et victorieuse des 28, 29 et 30 Juillet 2009 ;
- remercient les associations de la Société Civile agissant pour la bonne gouvernance, la promotion des droits de l’homme et la paix, ainsi que toutes les forces démocratiques et la partie la plus saine de la presse qui leur ont apporté leur soutien lors de ces mouvements de protestation ;
- se félicitent et remercient le mouvement syndical international pour le soutien militant, à travers notamment, les chaleureux messages de la Confédération Syndicale Internationale (CSI) et de la Confédération Générale du Travail (CGT, France), qu’il leur a apporté dans cette situation de regain de l’anti syndicalisme primaire dans notre pays,
- appellent le peuple à se lever pour barrer la voie à toutes les méthodes fascistes d’intimidation des citoyens et de leurs organisations ;
- encouragent les travailleurs des secteurs de la Fonction Publique, des Finances, de l’Administration des trois ordres de l’enseignement, de la Communication, des Affaires Etrangères etc., dans leurs diverses actions de protestation et de luttes :
♦ contre les mauvaises conditions de travail dans les locaux actuels du Ministère du Travail et de la Fonction Publique;
♦ contre le non respect des engagements pris par l’Administration, notamment en matière d’indemnités spéciales ;
♦ contre la gestion inique et sans discernement de la procédure disciplinaire ;
- exhortent tous les travailleurs à poursuivre leurs luttes pour exiger:
♦ l’arrêt des attaques contre les acquis des luttes passées des travailleurs ;
♦ l’arrêt des privatisations et bradage des parties stratégiques du patrimoine national ;
♦ l’arrêt de la mise à l’index des travailleurs et des leaders syndicaux
Ce blog est une composante de notre site : ABT2011.com
Il a été créée par un Groupe de jeunes béninois pour communiquer autour de la candidature de Abdoulaye Bio Tchané (ABT), seul selon nous, capable de relever les défis actuels et futurs pour le développement du Bénin.
ABT : La seule alternative crédible pour le Bénin en 2011
http://arimi.freehostia.com/spip.php?article575