Pour être encore minoritaires, les jeunes dont nous parlons, dans la présente chronique du jour, ne sont pas moins bien présents dans notre société. Comme qui dirait, dans le petit français de la Côte d’Ivoire, « Il y a jeunes dans jeunes ». Avec ces jeunes d’un type nouveau, nous ne sommes pas loin d’affirmer que nous sommes à la veille d’une révolution. C’est connu, le neuf naît presque toujours en silence, dans les replis brouillons et bruyants de l’ancien. Il faut y avoir la promesse d’un bouleversement de fond dans nos manières de penser, d’être et de nous comporter. Les principaux acteurs de ce changement, pour être plus précis, sont des jeunes gens et des jeunes filles béninois. Ils ont, pour la plupart, fait des études supérieures. Ceci à la suite d’un cursus régulier sanctionné par des diplômes tout aussi réguliers. Qu’est-ce qui caractérise ces jeunes et qui détermine à les projeter d’emblée comme des forces d’avenir, des forces d’un changement d’où pourrait émerger le visage altier et plein d’assurance d’un Bénin nouveau ? Nous avons le privilège, chaque jour, de croiser des jeunes. Ils nous font l’honneur de venir nous soumettre leurs projets et leurs rêves. Ils nous font l’amitié de venir recueillir notre avis et nos conseils sur ce qu’ils comptent entreprendre, sur les difficultés qu’ils rencontrent dans ce qu’ils entreprennent.
De cette proximité avec des jeunes, écoutant leur passion, entendant leurs non-dits, décryptant leurs attentes, nous avons très clairement perçu des signes qui ne trompent pas. Des signes d’un changement qui prend progressivement corps et forme. C’est la preuve que quelque chose bouge au niveau de la couche juvénile de notre pays. Il faut y voir un démenti formel et cinglant opposé à un jugement plutôt court et sur la foi duquel on a tôt fait de conclure que tous nos jeunes sont des chiens perdus sans collier.
D’abord, le changement qui pointe à l’horizon est à lire dans l’attitude de rupture qu’affichent de plus en plus ces jeunes par rapport à une certaine manière d’être Béninois, par rapport à une certaine manière de vivre certaines réalités béninoises. Ces jeunes ont réussi, par exemple, à briser, en leur esprit, le mythe de l’Etat providence à l’ombre duquel s’était réalisée et s’était accomplie la génération de leurs pères et grands-pères.
En cela, la Fonction publique et le statut d’agent permanent de l’Etat ne constituent point le fin mot de leur quête. Ils n’attendent plus de se laisser couler dans un moule préétabli. Ils ne veulent plus entrevoir une carrière prédéterminée devant déboucher sur une retraite administrative programmée. De manière plus fondamentale, c’est contre le salaire qu’ils s’insurgent. Refus donc de se présenter au guichet de la vie, une fois par mois, pour un traitement tarifé et plafonné. Ils souhaitent se trouver en situation d’attester que Dieu a créé un monde d’abondance, un monde dans lequel personne ne doit se sentir condamner à boire petit dans un petit verre. Sous la menace de la pénurie. Sous le règne de la nécessité.
Ensuite, ces jeunes ne veulent plus forcément s’illustrer, professionnellement parlant, dans les seuls domaines de leur compétence. Ils s’obligent à se situer à un carrefour d’opportunités qu’ils sont prêts à saisir. Quitte, pour y parvenir, à s’astreindre à une formation complémentaire dans un nouveau champ du savoir. Quitte à s’imposer la discipline d’être des « mutants » permanents acquis à l’idée d’apprendre à apprendre et à entreprendre. Aussi savent-ils se remettre en cause, à saison régulière, face aux mutations qui affectent le monde contemporain. Saviez-vous, par exemple, que la plupart de ces jeunes qui parlent déjà anglais e mettent à apprendre le chinois.
Cette propension à l’éclectisme que développent ces jeunes, un esprit éclectique étant celui-là qui n’a pas de goût exclusif et ne se limite pas à une seule chose, porte et traduit une première qualité. Il s’agit de la capacité d’adaptation à toutes les situations, à toutes les circonstances. La deuxième qualité, c’est la capacité à faire face à toutes les éventualités, à toutes les situations, avec la volonté farouche de ne jamais laisser le dernier mot aux autres ou aux circonstances extérieures. Il faut y voir, à la fois force de caractère et force de résistance de ces jeunes.
Enfin, le changement qui pointe à l’horizon se trouve dans le fait que ces jeunes sont des rêveurs positifs, porteurs, autant qu’ils sont, de projets. Ils les conçoivent souvent moins pour eux-mêmes que pour le service des autres, et pour un Bénin meilleur. Et ils accompagnent leur démarche d’un sens morale et éthique qui doit avoir valeur de leçon de vie pour nombre de leurs aînés. Il n’y a pas de place, dans leurs projets, pour une quelconque fuite solitaire, une quelconque jouissance égoïste. Ces jeunes, en effet, s’assument en assumant le Bénin tout entier. Ces jeunes sont habités de l’espoir têtu qu’en semant du neuf, ils moissonneront, à coup sûr, un Bénin nouveau, un Bénin neuf. Pour tout dire, ils vivront leur rêve. C’est tout simplement beau, n’est-ce pas ?
Jérôme Carlos La chronique du jour du 10 décembre 2009
Depuis plusieurs mois, l’administration publique est paralysée. Tous les travailleurs sont en grève, réclamant des droits dont le gouvernement veut injustement les priver. C’est dans ce contexte que le chef de l’Etat Boni Yayi a entamé une tournée depuis le 30 novembre dernier. Au regard des premières conclusions de ce périple, plusieurs appréhensions sont à évoquer.
Par Jacques SEGLA
Les négociations avec les instances de Bretton Woods ont abouti à des accords de prêt d’environ 52 milliards de F.CFA. Le Bénin devrait s’en réjouir. Seulement, le prêt est assorti d’un certain nombre de conditions. La principale est de convenir d’une trêve sociale qui permettrait aux travailleurs de vaquer normalement à leurs occupations professionnelles. Une nation au travail est la condition sine quanon pour les accords de prêt avec les partenaires techniques financiers. C’est dire que cet accord avec les partenaires techniques financiers intervient à un moment crucial de crise. Ce mardi, toutes les centrales syndicales se sont entendues pour s’insurger contre les défalcations opérées sur les salaires de novembre 2009 pour fait de grève, il ne faut pas penser que les interventions des bailleurs de fonds est la panacée pour l’exécution du budget de plus d’1 milliard 200. Ceux qui ont dit que l’assistance financière est un moyen de recolonisation n’ont pas tort. Il y a longtemps que le chef de l’Etat avait montré ses limites en jouant la carte de l’usure. La démarche n’a pas prospéré. Les travailleurs sont aujourd’hui sur pied de guerre. Ils sont résolus à en découdre avec le gouvernement. Tout est maintenant question de dialogue social sincère. Ironie du sort, c’est à ce moment que le fond monétaire international exige une trêve sociale. Le chef de l’Etat doit donc éviter les crises qui devraient saboter la cohésion nationale. Le Bénin a besoin de tous ses fils pour construire la nation commune. C’est donc l’occasion ou jamais de s’entendre sur l’essentiel, pour éviter de gaspiller des énergies précieuses. Boni Yayi est le premier à être interpellé. Mais visiblement les choses se compliquent. Puisque des mouvements de grève sont inscrits à l’horizon de décembre 2009 où le budget exercice 2010 est en étude au parlement, et que les bailleurs de fonds appellent à une trêve sociale difficilement négociable.
Aller au-delà du slogan ‘’consensus’’
Tout le monde parle de consensus autour de la Lépi. Mouvance et opposition, tout comme Fors-LEPI, ont adopté le concept. Plus qu’un slogan, le mot est devenu un refrain dans les discours qui justifient toutes les initiatives politiques de ces dernières heures. Les ministres de la république sont déployés sur le terrain, à la conquête de ce large consensus souhaité par tous les acteurs politiques de notre pays. Seulement, le jeu frise une hypocrisie à peine voilée. Pendant qu’on appelle au consensus, on suggère un plan B ici, ou une amélioration de ce qui se faisait avant pour éviter d’être pris au dépourvu au cas où la réalisation de la Lépi ne serait plus possible. Les plus sceptiques proposent de faire simplement comme avant, un peu comme s’ils refusaient la transparence et la réduction sensible du coût des élections dans notre pays. C’est dire que tous ceux qui parlent de consensus ne sont pas forcément acquis au principe. C’est en cela que le débat paraît ridicule. Tout porte à croire que les acteurs politiques se jouent de la patience et du sens de compréhension du peuple béninois qui refuse par essence la guerre, malgré les appels de pied de certains oiseaux de mauvaise augure. Mais il ne faut pas abuser de cette patience qui naturellement a des limites. Le peuple béninois ne peut plus se satisfaire de simple discours. C’est sur le terrain de l’action que les Béninois veulent maintenant juger ceux qui sont au devant de l’actualité nationale. Consensus autour de la Lépi, l’idée doit maintenant être la sœur jumelle de l’action pour accrocher l’opinion. Sinon, tous les discours ne seront que de simples verbiages. Il faut donc aller au-delà du refrain ‘’consensus’’.
Par Jacques SEGLA
Publié le 04 décembre 2009 – La Nouvelle Génération
Les fidèles musulmans deDjougouont déserté la place Idi pour protester contre les éloges du chef de l’Etat et de sa femme Chantal Yayi, faites par l’imam Alpha Idrissou Yaya, leur guide spirituel, lors de la prière de l’Aïd El Kébir. Après l’exécution des deux rakats ponctués de ‘’Allah houakbar’’, l’Imam prit place sur le perchoir et sous le regard concentré des fidèles, commenca à faire sa prêche. D’abord il a rendu grâce à Allah pour sa bonté à l’égard des fidèles. Prière également pour le chef de l’Etat Boni Yayi et sa femme présente sur les lieux. C’est justement cette prière qui a provoqué la dispersion dans les rangées constituées par les fidèles qui ont abandonné plutôt que prévu la place Idi. Ils trouvent en effet incommode que leur guide spirituel verse dans le politique en faisant l’éloge du président de la république et de sa femme. Pour sa part, Chantal Yayi qui s’est rendue sur la place accompagnée de l’imam, a laissé entendre qu’elle est venue à Djougou sur invitation des femmes de la Donga. Les fidèles, venus nombreux et parés de leurs plus beaux habits, étaient allés rendre grâce à Allah sur cette place centrale située dans le 3ème arrondissement. Etaient de la partie le roi Kpétoni Koda VI, le maire Michaël Bassabi Djara, le conseiller spécial du chef de l’Etat à la culture, Soumanou Toléba et le directeur général de la Sobémap, Alassane Djimba. Pour le maire Michaël Bassabi Djara, c’est un honneur pour la commune de recevoir la première Dame en cette circonstance. De mémoire d’homme, c’est pour la première fois qu’une première Dame se joint à la prière de l’Aid à Djougou, a dit le maire. La fête de cette année coïncide avec la prière traditionnelle de vendredi. Pour la 1ère fois depuis près d’une vingtaine d’année, les adeptes de l’islam se sont sentis plus que comblés. L’imam a tout de même procédé à l’immolation du bélier. Juste après, le geste a été répété dans les foyers. A noter que les musulmans peuvent toujours immoler une bête 48 h après cette célébration officielle.
Le monde politique bouge sous l’effet de la polémique sur la Liste électorale permanente informatisée (Lépi). Il braille et croit dégauchir la planche de ses ambitions pour la gestion du scrutin de 2011. La Lépi déchaîne les passions et approvisionne les querelles politiques. On reprend en chœur le refrain en vogue du consensus pour s’adapter à la polémique. Consensus, consensus… la doctrine du consensus séduit la nation. La littérature sur la Lépi en fait son principe directeur. Les orateurs en font leur leitmotiv.
L’élastique polémique sur la Lépi répand ses premières retombées politiques. Elle inaugure le récital de la coalition Tchané. Et c’est justement le label " consensus " qui fait saliver le très bouillant tchanéiste Wallys Zoumarou qui est monté au créneau au nom des partisans du successeur de Boni Yayi à la présidence de la Banque ouest africaine de développement (Boad). Le consensus, voilà la position des Hommes de Bio Tchané. C’était déjà celle du président Boni Yayi. Au nom de l’Union fait la nation (Un), Me Adrien Houngbédji a lui aussi joué la mélodie du consensus. La polémique sur la Lépi trouve son paradoxe dans cette volonté de consensus partagée par tous. " Le large consensus " de Yayi, " la bonne Lépi consensuelle " de Houngbédji et UN et la " réalisation consensuelle " de Zoumarou soignent la rhétorique de la Lépi sans y apporter un grain de pragmatisme. Le souci du consensus semble se réduire à l’état de souci pur sans un réel progrès. A quand maintenant la concrétisation de ce consensus derrière lequel on se réfugie ? Le temps joue contre la commission de supervision de la Lépi (Cps) et le risque de bâclage est énorme.
2011, même embaumée aux effluves de bonnes intentions n’est pas vernie par une bonne volonté des politiciens. Les calculs politico- électoraux infectent les désirs. La Lépi en reçoit les coups les plus saignants. En devenant une exigence dans la négociation du virage de 2011, la transparence prend sa revanche sur une supposée tradition de fraude bénie dans les chapelles politiques. La bataille de la Lépi relève d’une nécessité que justifient les enjeux de 2011. L’heureuse proclamation solennelle du consensus doit bénéficier d’actions conséquentes que peut suggérer la libération des pesanteurs politiques.
Les séquences politiques de la guéguerre autour de la Lépi vont éclairer l’opinion et entretenir le baromètre. La réponse de Houngbédji à la gestion du processus de la réalisation de la lépi a confirmé une bipolarisation maintenant nuancée par la sortie de Wallys Zoumarou dans le statut de porte-parole du camp Tchané. La coalition Tchané prend corps et découvre son style. Elle prend en grippe la Lépi considérée comme condition et prône une Lépi enfermée dans un processus. La déchirante polémique sur la liste électorale permanente informatisée aura réussi à apporter une nouvelle preuve de la candidature en gestation d’Abdoulaye Bio Tchané. L’intervention de Zoumarou au nom d’une coalition Abt préoccupée par le destin de la Lépi n’est pas innocente. J’y vois un message de Tchané. A moins de cataclysme, l’ancien ministre des finances sera candidat à la succession de Yayi en 2011. Au nom du consensus, Zoumarou a implicitement vendu la mèche.
SulpiceO. Gbaguidi Publié le 3-12-2009, par Fraternité http://www.fraternite-info.com/spip.php
Tout émergent classerait cette question parmi les plus idiote jamais lue dans une chronique. C’était en début de mandat qu’il y avait de la place pour des discours sur l’audience du pays sur la scène internationale. 105 milliards f Cfa en voyages présidentiels à l’étranger en 8 mois soit le 1/6ème des recettes internes au budget national. Un besoin d’un avion présidentiel à 12 milliards. Un sommet de la Cen-Sad à une cinquantaine de milliards dont une bonne partie dans les poches de courtisans impunis. A moins de deux ans de la présidentielle 2011, un bain de foule dans les départements du Mono et du Couffo est beaucoup plus important qu’une présence à un sommet mondial sur la faim dans le monde à Rome. Sous l’égide de la Fao. Qu’on ne demande surtout pas au docteur-président de se rendre à une Assemblée générale de l’Onu à New York alors que se préparait la signature d’un protocole d’union entre ses adversaires à Cotonou. Par ailleurs l’enchaînement des mauvais classements annuels de Rsf, de Transparency international, de la Banque mondiale et autres, a refroidi la passion de plusieurs chancelleries face au modèle démocratique béninois.
Le tout-pour-le-rempilage est en passe de devenir une véritable religion de l’Etat-Fcbe. Tout individu détenant une parcelle de pouvoir est un émergent potentiel astreint à des meetings de remerciement, des marches de soutien, des séances de prière et aussi les créations de partis politiques à mettre en ordre de bataille pour le combat de 2011. Y compris les magistrats assujettis à une obligation de réserve peuvent se rendre utile au Changement autrement que par le militantisme de terrain dès l’instant où il bénéficie d’une posture favorable au sein de l’administration judiciaire grâce à la bienveillance du très émergent Garde des sceaux et de son chef. Le maintien en détention du maire de Dangbo Clément Gnonlonfoun illustre à merveille combien un procureur dévoué peut aider à faire triompher les idéaux d’un régime aspirant au pouvoir total et absolu.
Autre démonstration du rempilage d’abord : l’indifférence des émergents face aux débrayages à répétition dans l’administration publique. Les bureaux des ministères totalement vidés de leurs occupants n’empêchent pas la machine de la précampagne prématurée de tourner à plein régime. Les tournées du chef de l’Etat, des ministres, des directeurs généraux de sociétés d’Etat rythment le quotidien des Béninois avec leurs lots de jetons de présence, de frais de mission, de gigantesques orgies et de libéralités diverses. La richesse ne s’accroît plus puisque ceux qui la produisent à savoir les travailleurs désertent leurs postes de travail pendant que le peu qui reste dans les caisses se vident peu à peu au profit de la propagande et du rabattage précoce.
Les gars de la Marina ne se préoccupent même pas de ce que sera le Bénin une fois le cap de 2011 franchi. Le Bénin n’a d’intérêt pour eux que lorsque Yayi est au pouvoir quel que soit l’état des caisses de l’Etat. La crise ne concerne pas les courtisans. Au contraire, une explosion des poches de pauvreté permet d’élargir davantage l’assiette des micro-finances aux plus pauvres avec son cortège de dissimulation d’intermédiaire et de propagande. On a déjà vu des organisateurs de marches de soutien bénéficier de considérables exonérations sur des produits de grande consommation ; au nom de la crise alimentaire. Du moment où le partage ne reconnaît que les seuls politiquement émergents qui détiennent l’exclusivité de l’accès à la mangeoire, il n’y a pas lieu de s’inquiéter de l’aspect du trésor public. Cela ne pose problème qu’en cas de changement de capitaine en 2011.
L'après Yayi ? De la revanche anticipée, à plein nez. Aux aspirants à la Marina de s'essayer à de rudes exercices d'endurance. Chaque jour d'émergence apporte sa couche supplémentaire au manuel du « déluge après soi ». La gouvernance du Changement prend des allures d'un paralytique chronique avec plus du tiers des ministères en grève sur une durée de près d'un an sans la perspective d'une sortie de crise durable. La chef de la mission 2009 du Fmi au Bénin a déjà donné le ton du plat de résistance de cet après-là : non maîtrise des dépenses liées au train de vie de l'Etat et primes électoralistes aux travailleurs à la veille de chaque scrutin. Impossible de ne pas se mettre la classe politique à dos si les primes et autres avantages accordés aux membres des institutions que le docteur-président a multipliés par 4 devraient être revus à la baisse. Il vaut mieux ne pas songer aux fameux droits acquis des travailleurs eux aussi bonifiés de ristournes démagogiques. Or le budget national n'est pas extensible à souhait et repose sur les impôts et taxes perçus auprès de citoyens eux aussi très très pauvres.
Personne n'ose songer à l'héritage politique avec les acquis de la conférence nationale sur le grill de façon constante. Le cas des municipales. On peut imaginer le genre d'élection à prévoir dans la perspective du renouvellement des conseils municipaux en 2013. Lorsque viendra le moment de solder les chamboulements imposés au régime électoral municipal. Le démarrage des mandats municipaux prévus pour 15 jours après la proclamation des résultats par la Commission électorale nationale autonome (Cena) a été étalé sur plusieurs semaines voire plusieurs mois, au cas par cas. Ainsi, des conseils municipaux vont boucler la durée de leur mandat de 5 ans des semaines voire des années après d'autres. Ce qui obligerait l'organisme en charge d'organiser ce scrutin des municipales 2013, la Cena, d'étendre ses activités sur plusieurs années au lieu des trois mois à 6 mois habituels. Une déstructuration du processus électoral des communes dont les effets poursuivront des générations d'acteurs de la vie publique. À moins d'une initiative législative pouvant décréter un genre d'harmonisation des mandats électifs locaux. Le passage du Changement aurait donc imposé au Bénin de vivre une nouvelle transition plus d'une décennie après la conférence nationale des forces vives de février 1990.
Le ou les probables successeurs peuvent néanmoins se réjouir de l'absence de réflexe de planificateur du prince du Changement rattrapé par certains de ses dosages hérétiques impossibles de contenir jusqu'à la fin de mandat. On voit mal le gouvernement continuer à payer certaines primes redondantes aux bénéficiaires sans pulvériser les équilibres budgétaires. C'est vrai que la ruse prépare déjà une parade appropriée à travers l'émission d'un autre emprunt obligataire visant à alourdir davantage la dette intérieure. Malheureusement le piège fonctionne par que pour le (ou les) successeur potentiel au palais de la Marina. On se doute bien qu'un seul mandat présidentiel ou qu'une seule génération de Béninois ne puissent parvenir à expier les extravagances des émergents décidés à pousser leur excentricités jusqu'aux extrêmes possibles. Les plus fatalistes diront que c'est tout le peuple qui paie pour un péché collectif. Peut-être la naïveté d'avoir cru au sauveur providentiel.
Le garde des sceaux, ministre de la justice de la législation, des droits de l’homme, porte parole du gouvernement, Victor Topanou a fait sa rentrée médiatique hier jeudi, dans la salle de conférence de son ministère. Occasion pour lui de revenir sur certains points de l’actualité dont notamment la gestion de la candidature de Nouréni Tidjani Serpos, au poste de directeur général de l’Unesco. Il ressort de son intervention qu’il s’est mis en contradiction avec les déclarations de son collègue des affaires étrangères.
Le gouvernement béninois a apporté un soutien sans faille à la candidature de Nouréni Tidjani Serpos, dans sa course vers la direction générale de l’Unesco. C’est ce qui ressort de l’intervention du garde des sceaux, ministre de la justice de la législation, des droits de l’homme, porte parole du gouvernement, Victor Topanou hier jeudi face à la presse. Des allégations qui vont totalement contre les déclarations du ministre des affaires étrangères, de l’intégration africaine, de la francophonie et des Béninois de l’extérieur, Jean Marie Ehouzou qui estime pour sa part que l’échec du Béninois est dû au retard dans le démarrage de sa campagne.Ce qui du coup crée une grande confusion autour de la gestion faite de ce dossier qui n’a fait qu’humilier le Bénin sur le plan international, et a créé une situation plutôt conflictuelle entre le Bénin et l’Egypte d’une part, et d’autre part, entre le Bénin et l’Union africaine. En effet, nombreux sont les Béninois qui se sont étonnés de voir le Bénin présenter un candidat, alors que l’Union africaine avait déjà choisi le sien en la personne de l’ancien ministre égyptien Hosni.Et tout naturellement, le Béninois sans grande surprise a essuyé un échec des plus cuisants, qui l’a poussé à retirer sa candidature avant même la fin du scrutin. Pour tenter de justifier ce qu’il convient de qualifier d’injustifiable, le patron de la diplomatie béninoise, Jean Marie Ehouzou, n’a trouvé aucune autre explication que d’évoquer le retard qu’a connu le démarrage de la campagne du représentant béninois par rapport aux autres.Déplorant ainsi, implicitement la réaction tardive du gouvernement qui certainement n’a pas mis les moyens à sa disposition. Mais à la grande surprise, intervenant hier sur la même question, son collègue de la justice, porte parole du gouvernement trouve que le gouvernement a été parfait dans la gestion de la campagne de Nouréni Tidjani Serpos n’a donc rien n’a se reprocher dans son échec.Cette contradiction entre les deux ministres montre à bien des égards, la cacophonie qui a caractérisé la gestion de ce dossier. Et du coup, elle donne raison a ceux qui accusent le gouvernement d’avoir abandonné le candidat béninois au début des campagnes. De l’autre côté, elle confirme l’imbroglio toujours reproché au régime du Changement dans sa manière de gérer les affaires sensibles de l’Etat. Outre ce dossier, le ministre de la justice s’est aussi prononcé sur l’affaire relative à l’incarcération du maire de Dangbo, Clément Gnonlonfoun.Sur la question, le ministre n’a pas du tout été convainquant, dans ses explications. Il prétend n’avoir pas été informé de la décision du parquet de faire appel alors que le juge avait prononcé la libération du maire. Toute chose qui confirme les soupçons de politisation du dossier.
Finis les tirs sur la troupe. Les téléspectateurs du 1er août 2009 ont bien remarqué combien Yayi était très affecté par les déboires de ses gars avec la corruption. Les dégâts s’apprécient à travers l’élagage de Soulé Mana qu’il « aime bien » et Noudégbessi le coreligionnaire en rade. Le président de la République est certes prêt à verser son sang et sa sueur dans la lutte contre la corruption. Mais pas au point d’accepter de se brouiller avec les siens. Désormais, ils peuvent être tranquilles, plus personne de la troupe ne doit trembler. Le Garde des sceaux ne fait plus mystère des limites de sa lettre de cadrage en matière de traque des corrompus. Il le dit haut et fort afin de rassurer les courtisans que le sacrifice n’ira pas au-delà de l’ancien argentier. Le justicier en titre du gouvernement excipe d’ailleurs des « confidences » de l’Inspection générale de l’Etat qui aurait estimé qu’il n’y a pas de quoi fouetté un chat. Des irrégularités autour de l’organisation du sommet de la Cen-Sad à Cotonou ? Oui ! Mais uniquement en ce qui concerne la réfection du Centre internationale de conférences et le Palais des congrès de Cotonou. 6 milliards dont 2 en facturation et en excès divers.
D’où est alors venue l’inspiration qui a guidé le rédacteur du compte rendu du conseil des ministres du 03 juillet 2009 ? Une question a ne pas posé au porte-parole du gouvernement, Garde des sceaux. Il n’était peut-être pas présent. Son patron lui-même, chef de l’équipe, n’a-il pas avoué ne pas être très assidu à ces messes hebdomadaires de ministres ? Par contre, le vocabulaire de la prose ne fait pas la dentelle dans son inventaire de la réalité sur le scandale de la Cen-Sad : « irrégularités », « juges et parties », « privilèges », « violations des règles », « retard important ». Un charabia pourtant inspiré du rapport de l’Ige parait-il ; et ceci à propos de la viabilisation des sites, de la construction des 14 villas, de l’extension du parking de l’Aéroport et du bitumage de la liaison Aéroport-Place du Souvenir-Carrefour Air Afrique.. Des lubies qui n’existent que dans la tête d’un journaliste sensé avoir une conception « niaise » des choses, selon le ministre Tokpanou. A moins qu’on nous dise que c’est Soulé Mana tout seul qui s’occupe à la fois de bitumage de route, de construction de villas, de viabilisation de site ou d’extension du parking de l’aéroport. Le super fusible qui peut sauter à tout moment sans que la barque du Changement ne soit ébranlée. Après tout, cet argentier ne faisait pas partie des réseaux financiers, politiques ou religieux. Son départ ne devrait pas provoquer trop de regrets.
C’est désormais clair que le docteur-président n’enverrait plus aucun de ses lieutenants en pâture à des défenseurs de la lutte contre la corruption. Tant pis si ces derniers ne se contentent pas des fretins jetés par-dessus bord en pleine tourmente. On voit d’ailleurs que les affaires de bitumage, d’achats de gants, d’imperméable et de matériels de sécurité, d’exonération et d’autres hérésies liées à l’organisation de ce maudit sommet ne figurent plus dans les causeries des émergents en route pour 2011. Il est plus question de la foi des aïeules du docteur-président, de débauchage en vue d’un remaniement à mille inconnues et de recours obsessionnels à une providentielle bénédiction des anciens présidents Kérékou et Zinsou. On a d’ailleurs remarqué comment ils se sont faits tout petits dès que l’emblématique Marie Elise Gbèdo a exhibé le projet de loi anti-corruption en souffrance à l’Assemblée nationale depuis 2006. Une sorte de flagrant délit de manipulation autour d’un fléau qui n’épargne aucune strate du système à commencer par les encadreurs spirituels du chef de l’Etat. La preuve qu’il y avait mieux à faire qu’une marche dite verte sans conséquence à travers les rues de Cotonou lorsqu’on dispose d’une majorité parlementaire écrasante.
Ce 14 septembre 2009, dans les locaux du Palais des Congrès de Cotonou, se tenait la conférence sur le financement de l'investissement et de l'épargne. Cette conférence était organisée par la Société Ouest Africaine de Gestion des Actifs (SOAGA) en présence des différents acteurs des marchés financiers de la sous-région. A la tribune d'honneur, étaient présents le Président de la République M. Boni Yayi, le secrétaire Général de la francophonie M. Abdou Diouf, le Président de la BOAD M. Abdoulaye Bio Tchané et les différents responsables de la SOAGA et des institutions financières sous-régionales. Cette conférence avait pour objectif d'informer le grand public sur l'impactdes marchés financiers dans le quotidien des particuliers, et aussi sur les opportunités offertes aux clients institutionnels et privés.
Cette initiative s'est bien déroulée à l'instar des initiatives propagandistes du régime en place. Le président Yayi ne s'est pas gêné pour humilier le Bénin devant tous les partenaires africains et occidentaux, en faisant venir des conducteurs de taxi moto "zémidjans" et des femmes au foyer chèrement habillées aux frais des contribuables. Ces derniers avaient pour mission de scander des louanges à la gloire du Président Yayi à savoir "Yayi 10ans! Yayi 10ans!", moyennant une rémunération de 3000 F CFA par personne, puisée dans les caisses de l'Etat. Quel honte pour notre pays! Comment peut-on tomber si bas devant les bailleurs de fonds, et profiter d'une conférence sur la finance, en faisant passer des messages propagandistes de campagne du Président Yayi? La frustration se lisait sur le visage des bailleurs de fonds africains et occidentaux. Même certains hauts cadres du gouvernement étaient gênés, face à cette dérive digne d'une dictature mégalomane.
Qu'est-ce qui a bien pu pousser le Président et son entourage à agir de la sorte, alors que l'objet de la conférence portait essentiellement sur le fonctionnement de la finance sous-régionale? Pourquoi le président Yayi et son gouvernement sont allés jusqu'à faire venir des conducteurs de taxi moto et des femmes, moyennant paiement pour faire son éloge et chanter à sa gloire, tel un roi du XVIIè siècle, alors qu'il s'agissait d'une conférence sur le financement de l'investissement et de l'épargne?
La réponse n'est pas bien loin.
Cette initiative populiste de Boni Yayi avait pour objectif non seulement de faire croire que le peuple est avec lui (ce qui est illusoire car sa politique est de plus en plus décriéeet contestée dans toutes les couches sociales du pays), mais aussi qu'il lui fallait humilier psychologiquement ses adversaires politiques pour les élections de 2011, notamment M.Abdoulaye Bio Tchané, qui était une hôte de marque à ladite conférence.
Force est donc de constater que ce genre de pratiques relève d'une ère révolue. Sans le savoir, parce qu'ayant une vision à très court terme, Boni Yayi et son gouvernement se sont eux-mêmes humiliés devant le Secrétaire général Abdou Diouf et devant toute l'élite de la finance sous-régionale par ces pratiques d'une bassesse sans précédent!
Un conducteur de taxi moto "zémidjan" nous a confié avoir perçu 3000 F CFA comme tous ses autres collègues du jour: " J'ai pris cet argent parce qu'on me l'offrait gratuitement, et je ferai cela encore et encore. Mais le jour du vote, je ferai le bon choix pour mon avenir et celui de mes enfants, car j'en ai marre de voir les milliards de mon pays dilapidés depuis 2006 par un président et son gouvernement d'incompétents".
Voilà comment se déroule chaque sortie du Président et de ses ministres; l'argent de l'Etat est distribué à tout va pour tenter d'acheter les consciences et donner une image positive du Président; mais les Béninois ne sont pas dupes et sauront faire la part des choses le moment venu.
Ni la marche verte ni le pardon. Aucun de ces remèdes n’a pu empêcher la Cen-Sad, l’avion présidentiel, les intrants agricoles de qualité douteuse, les faux frais sur les véhicules à vitres teintées, les ordres de paiement…L’autre parlerait de la corruption à la louche contrairement à celle de la cuillère à café. La marche verte comme le pardon présidentiel conforte la thèse selon laquelle le docteur-président aurait puisé dans ses convictions les plus intimes sans pouvoir enrayer la propension des siens à voler l’argent du peuple. Le pathétique show médiatique présidentiel du 1er août 2009 a failli inculquer définitivement dans la conscience collective qu’il n’y a rien à faire et qu’il faut se résigner à voir se commettre les crimes économiques les plus odieux en toute impunité. Jusqu’à ce qu’une clameur inespérée vienne démontrer qu’il existe bel et bien une autre formule que l’émotion et le folklore. Elise Gbèdo, Anne Adjaï Cica, Martin Assogba et consorts se souviennent qu’un projet de loi anti-corruption est en souffrance sous le siège du N°2 des émergents au palais des Gouverneurs.
Désormais, le débat change de tournure. Les partisans de cette loi croient dur comme fer qu’à défaut d’empêcher les gens de voler l’argent de l’Etat, on peut mieux réglementer le régime des sanctions. Une éventualité qui ne déclenche pas trop l’enthousiasme chez les idéologues du Changement. Ulcérés qu’ils sont de devoir admettre que leur patron s’est donné tant de mal à battre le macadam dans Cotonou et à implorer publiquement l’absolution de ses compatriotes sur le plateau de la télévision nationale pour se voir démentir par un simple projet de loi dont tout le monde vante par avance les vertus. Cela voudrait dire que le visionnaire n’est pas si exceptionnel qu’on le dit et que d’autres Béninois avant lui ont réfléchi à des solutions intelligentes.
Avant même que le texte ne devienne exécutoire, des suppôts présumés s’activent à atténuer l’espoir à travers un discours du genre : « la loi n’est pas une panacée ». Et d’embrayer sur la ritournelle du « réarmement moral ». Qu’est-ce que la morale peut bien faire à des affameurs du peuple ? A peine s’ils ont conscience d’avoir enfermé des hôpitaux, des maternités, des centres de loisirs pour jeunes ou des orphelinats dans leurs comptes en banque ou à travers leur prodigalité extravagante vis-à-vis des maîtresses et courtisans. Il n’y a que dans la tradition anglo-saxonne que les us et coutumes ont valeur de règles même en l’absence d’écrits. Le Bénin qui a hérité du colon français le juridisme intégral ne peut fonctionner que sur la base d’une législation plus ou moins explicite. Peut-être un complément à la loi-anti corruption par d’autres textes relatifs au financement des partis politiques. La démocratie ne saurait continuer à se faire entretenir par de l’argent d’origine inconnue. On constate que les scandales sous Yayi évoluent à la fréquence des marches de soutien et des meetings de remerciement. Les harangueurs de foules n’accepteraient jamais bousiller leurs patrimoines propres acquis à la sueur de leurs fronts dans la glorification du docteur-président.
Arsenal appuyé par un rajout à propos de la politisation de l’administration publique. La discrimination à l’égard des militaires en matière de participation à la vie des partis politiques doit s’étendre aux autres agents permanents de l’Etat dans une certaine mesure si on admet que la vie partisane est nuisible à l’administration publique. La fonction publique est un sacerdoce au profit de la nation et non au profit d’une chapelle politique. Réarmement moral ou prise de conscience spontanée relèvent de stériles bondieuseries. Seules les lois ont la vertu de mettre tout le monde d’accord au Bénin. Grâce au code de la famille plus aucun officier d’état civil ne peut célébrer un mariage polygamique sur le territoire béninois.
La morale, la marche verte, le pardon, c’est bon. Mais, la loi, c’est mieux !!!
CSTB, CSA-BENIN, CGTB, COSI, UNSTB et FESYNTRA-FINANCES
DECLARATION LIMINAIRE
Fait à COTONOU le vendredi 21 AOÛT 2009
Les dirigeants et militants des confédérations, centrales et autres organisations syndicales du Bénin, inquiets et exaspérés par la déchirure sociale qu’engendre depuis quelques temps la situation politique et économique nationale, avaient convenu d’organiser et d’observer dans la ville de Cotonouune marche pacifique le 21 Juillet 2009.
Il était temps de protester contre le développement des aspects les plus importants et les plus nuisibles de cette situation que sont :
- les attaques contre les différents acquis sociaux des travailleurs dont les primes de motivation, notamment dans les secteurs de l’éducation et de la santé, ainsi que la mauvaise volonté manifeste et évidente du Gouvernement de ne pas résoudre les problèmes légitimement soulevés par les travailleurs, dont la prime de risque de secteur de la santé et ses prolongements collatéraux dans tous les secteurs ;
- le mépris, par le Gouvernement, des préoccupations exprimées par les travailleurs au sujet de leurs conditions de vie et de travail ;
- la gestion hypocrite du dialogue social par le Gouvernement;
- la volonté affichée du pouvoir, dit du changement, mais en réalité de plus en plus révélé au grand jour comme fasciste, de bâillonner les libertés démocratiques et d’interdire les manifestations des organisations qui ne le soutiennent pas dans ses incohérences et improvisations;
- l’augmentation anarchique et à des proportions insoutenables des prix d’électricité, d’eau et des produits pétroliers ;
- l’engagement déjà pris devant les bailleurs de fonds et autres puissances capitalistes dont le Groupe BOLORE, de privatiser et de brader les Sociétés stratégiques et de service d’utilité publique ;
- la promotion active par le régime des actes de mauvaise gestion des biens publics, de corruption et de concussion au sommet de l’Etat dont l’affaire CEN SAD n’en est qu’un petit bout de la longue chaine.
En réponse à la lâche interdiction par le Gouvernement de la marche du 21 Juillet 2009, les syndicats ont observé une grève de quarante huit heures largement suivie les 28 et 29 Juillet 2009 et une marche gigantesque à travers la ville de Cotonou le 30 Juillet 2009.
Cette marche des confédérations, des centrales et autres organisations syndicales a été appuyée par les associations de la Société Civile agissant pour la bonne gouvernance, la promotion des droits de l’homme et la paix. Bien que taxée d’illégale par certains suppôts du pouvoir, le Gouvernement fut contraint de l’accueillir par six de ses membres les plus activistes contre les mouvements de protestation citoyenne et syndicale.
Le succès de toutes ces manifestations est l’œuvre des forces véritablement démocratiques de notre pays qui viennent d’infliger un échec cuisant au pouvoir agonisant en place, donnant ainsi une leçon aux différents clients politiques et opportunistes qui le soutiennent, l’entretiennent pour l’empêcher de mourir .
Cette détermination des dirigeants et militants syndicaux a amené le régime de YAYI BONI, qui traverse actuellement une crise multidimensionnelle devenue chaque jour plus aigüe, à déployer sa stratégie machiavélique pour faire capituler le dernier rempart démocratique que constitue le mouvement syndical et qui fait obstacle à sa politique de confiscation des libertés démocratiques, de muselage des groupes organisés et de prédation des ressources nationales.
C’est dans ce cadre que s’inscrivent tour à tour :
- le recours, dans une propagande à l’hitlérienne, aux basses besognes de certains organes de presse payés pour vilipender les dirigeants syndicaux et les accuser d’être de commerce à gros sous, avec un potentiel candidat aux élections de 2011;
- la sollicitation, l’utilisation et la diffusion dans les médias publics et privés de fumeux et fumistes points de vue d’anciens militants du mouvement démocratique et syndical retournés contre les idéaux qu’ils prétendent défendre et prêts à livrer, pour quelle rémunération on ne sait, leurs anciens camarades à un pouvoir en quête de prétexte pour des répressions ;
- le rassemblement populiste, par le pouvoir et à grands frais, des enseignants et autres travailleurs, dans le double but de leur caporalisation dans des organisations fantoches impudiquement surnommées patriotes et de celui de leur arracher leur soutien à sa prétendue politique d’émergence;
- le harcèlement des leaders des syndicats des travailleurs par l’intrusion de l’IGE, sous le fallacieux prétexte de la vérification des aides faites aux confédérations et centrales syndicales, dans les affaires et finances syndicales.
Ainsi, le 1er Août 2009, dans sa sortie médiatique qui contraste avec l’ambiance festive du jour, le Chef de l’Etat n’a pas manqué, après s’être affiché à la fois déçu et opposé aux manifestations des confédérations et centrales syndicales que son Gouvernement avait vainement tenté d’étouffer par des menaces à l’encontre des organisateurs et observateurs de la grève de quarante huit heures et la glorieuse marche de protestation du 30 Juillet 2009, de s’interroger sur le cahier de charges des syndicats et de menacer de s’impliquer dans la gouvernance en leur sein.
Trois jours seulement après cette sortie médiatique calamiteuse, le Chef de l’Etat a mis en application sa menace de contrôle de la gouvernance des syndicats qui osent le défier sur les enjeux socio économiques nationaux. En effet, par Décision N°035 /PR/IGE du 4 Août 2009, il est créé par l’Inspecteur Général de l’Etat qui lui en devait compte rendu, « une commission chargée de vérifier l’utilisation de la contribution de l’Etat aux dépenses de fonctionnement des syndicats pour la période allant de 2004 à 2009. »
Le Gouvernement se préoccupe et panique de savoir si les syndicats qui dans leur quasi majorité veulent fléchir ses choix de gestion peu convaincants, consacrent davantage plus de temps et d’argent à des campagnes de politique publique que de problèmes d’emploi, ignorant que ceux-ci en sont une partie intégrante.
Bref, YAYI Boni Thomas, après avoir bénéficié, pour son élection en 2006 à la tête de l’Etat démocratique du Bénin, de la pertinence des prises de position citoyenne des syndicats béninois, vient d’inscrire notre République, sur la liste bien trop longue en Afrique des pays qui continuent à considérer avec suspicion et hostilité leur mouvement syndical.
Persistant à croire qu’il est le seul à savoir ce qui est bon pour les citoyens béninois, il tente, aujourd’hui, de régenter les syndicats en utilisant abusivement la loi. Lorsqu’il se rendra compte de son illusion, il voudra se montrer brutal par l’usage des armes et au recours de milices.
Il n’y a pas de doute, la création de cette commission n’est ni plus ni moins qu’un harcèlement des leaders des syndicats de travailleurs et partant une atteinte à la liberté syndicale consacrée par les Conventions 87 et 98 du BIT pourtant ratifiées par la République du Bénin et faisant partie intégrante de la législation nationale car publiées au Journal officiel.
Du fait du contexte sociopolitique qui l’a vue naître, cette commission n’offre aucune garantie d’objectivité, toute chose contraire aux règles et normes de contrôle dans une République. De même en acceptant de jouer ce rôle dans un tel contexte, le grand expert comptable auditeur qu’est Jacques Alidou KOUSSE n’a pas fait preuve de professionnalisme, encore moins de responsabilité. Il verse ridiculement et de façon partisane dans un opportunisme intellectuel.
Après son acharnement à se faire soumettre, par un harcèlement fiscal, les opérateurs économiques et les membres du patronnât béninois qui refusent à juste titre de s’amarrer à ses politiques, voici YAYI Boni dans la dynamique de combattre dans les rues, ateliers et bureaux les ouvriers et tous les salariés.
Cela parait une aventure inutile de plus pour lui. Et s’il pouvait faire autre chose et autrement ! Le Bénin et surtout lui-même gagnerait.
En tout cas, toutes les confédérations et centrales syndicales démocratiques, de façon unanime, dénoncent et condamnent cette incursion de l’IGE dans les locaux et dossiers des confédérations et centrales syndicales comme étant un moyen du gouvernement de faire taire le mouvement syndical et d’arrêter les luttes contre les dérives dictatoriales du régime et contre le pillage grotesque des maigres ressources nationales.
En réalité et dans le fond un tel contrôle ne se justifie pas dans le contexte actuel au vu de la nature de l’aide accordée aux syndicats dotés de la liberté de définir eux-mêmes leurs programmes et actions, pas plus qu’une reddition des comptes dont les termes n’ont pas été auparavant définis ne puisse leur être exigée.
Du reste, l’IGE ne constitue nullement un épouvantail, encore moins une arme pour intimider les leaders syndicaux et déstabiliser les militants des organisations syndicales. Seul le respect des travailleurs et militants contribuables, pour lesquels le cahier de charge du mouvement syndical constitue un véritable contrat social entre lui et le monde du travail, peut motiver chacune de ses composantes à réserver de façon autonome et selon son orientation, l’accueil qu’elle juge appropriée à cette intrusion de l’IGE, pour autant que celle-ci se limitera au respect des libertés démocratiques et au droit syndical.
Pour l’heure, il faut faire échec aux velléités du pouvoir à intimider les travailleurs et le peuple et déstabiliser les organisations syndicales, les associations de la société civile et tous les groupes organisés contre les atteintes aux libertés démocratiques , le pillage des ressources nationales et la gabegie qu’encourage le régime de YAYI Boni.
C’est pourquoi les Confédérations et organisations syndicales signataires de la présente déclaration :
- félicitent les travailleurs pour leur mobilisation réussie et victorieuse des 28, 29 et 30 Juillet 2009 ;
- remercient les associations de la Société Civile agissant pour la bonne gouvernance, la promotion des droits de l’homme et la paix, ainsi que toutes les forces démocratiques et la partie la plus saine de la presse qui leur ont apporté leur soutien lors de ces mouvements de protestation ;
- se félicitent et remercient le mouvement syndical international pour le soutien militant, à travers notamment, les chaleureux messages de la Confédération Syndicale Internationale (CSI) et de la Confédération Générale du Travail (CGT, France), qu’il leur a apporté dans cette situation de regain de l’anti syndicalisme primaire dans notre pays,
- appellent le peuple à se lever pour barrer la voie à toutes les méthodes fascistes d’intimidation des citoyens et de leurs organisations ;
- encouragent les travailleurs des secteurs de la Fonction Publique, des Finances, de l’Administration des trois ordres de l’enseignement, de la Communication, des Affaires Etrangères etc., dans leurs diverses actions de protestation et de luttes :
♦ contre les mauvaises conditions de travail dans les locaux actuels du Ministère du Travail et de la Fonction Publique;
♦ contre le non respect des engagements pris par l’Administration, notamment en matière d’indemnités spéciales ;
♦ contre la gestion inique et sans discernement de la procédure disciplinaire ;
- exhortent tous les travailleurs à poursuivre leurs luttes pour exiger:
♦ l’arrêt des attaques contre les acquis des luttes passées des travailleurs ;
♦ l’arrêt des privatisations et bradage des parties stratégiques du patrimoine national ;
♦ l’arrêt de la mise à l’index des travailleurs et des leaders syndicaux
Ce blog est une composante de notre site : ABT2011.com
Il a été créée par un Groupe de jeunes béninois pour communiquer autour de la candidature de Abdoulaye Bio Tchané (ABT), seul selon nous, capable de relever les défis actuels et futurs pour le développement du Bénin.
ABT : La seule alternative crédible pour le Bénin en 2011
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